Hors Série : Le Cambodge par le papa de Juliette

Sur une idée de Juliette, ses parents vous font part de leur découverte du Cambodge. L’idée est d’avoir le point de vue de la génération précédent celle de nos deux héros habituels.

Notre parcours démarre à Ho chi Minh ville, avec transport en car à destination de Phnom Penh. Un peu inquiets à l’idée d’un périple de 350km en 6h30 par le bus, nous avons une excellente surprise : bus très confortable, service à bord bien organisé, avec même la prise en charge du passage de douane. Tout se passe facilement, et l’horaire du voyage est respecté quasi à la minute près. Impressionnant quand on pense aux aléas que nous imaginions à l’idée de passer ce genre de frontière.

Arrivée dans l’après-midi à Phnom Penh. Encore un superbe logement, ce qui tend à devenir le standard de notre voyagiste Juliette: grand confort moderne, belles prestations, avec mention spéciale pour la piscine à débordement au 55ème étage. Par manque de temps ce premier soir, nous remettons à demain notre premier bain à 150m du sol.

Le soir, découverte de Bassac Street, quartier riche en restaurants et bars : juste ce qu’il nous fallait. Nous profitons d’une offre « Happy Hour » proposant le ½ de bière à 1$, persuadés de faire l’affaire du siècle. Nous verrons plus tard qu’il existe encore plus fort…

Au retour, nous croisons au coin d’une rue un Tesla Cybertruck, garé parmi les « Tuk-Tuks » : Cambodge, pays de contrastes…

Le lendemain, nous choisissons modestement le Tuk-Tuk comme moyen de déplacement dans la ville. Amateur de tout ce qui roule avec un moteur, j’apprécie la découverte de cet engin, sorte de croisement d’une calèche avec un scooter. Etonnant mais très bien adapté à la circulation locale qui donnerait des cauchemars à nos délégués à la sécurité routière. Tout se passe bien, grâce à l’habileté des conducteurs, et aussi un peu de chance quand-même.

La visite du centre S-21 ce matin constitue un moment fort du séjour : sous le régime des Khmers Rouges dirigés par Pol Pot, cette ancienne école est devenue un centre de détention. Y étaient internées toutes les personnes suspectées de ne pas partager avec assez de conviction l’idéologie du pouvoir en place. Cela représentait beaucoup de monde, surtout parmi les élites intellectuelles. Sous la torture, on les forçait à écrire des « aveux » de trahison, si possible à la solde d’une puissance étrangère. Les geôliers manquant de zèle ou de résultats pouvaient passer du jour au lendemain dans le camp d’en face, côté prisonniers. Ceci peut expliquer leur motivation pour des actes inhumains envers leurs congénères.

Prochaine visite : le palais présidentiel, en passant par l’avenue principale, tracée autour d’une immense statue de Norodom Sihanuk. Entre 1953 et 2004, il a rarement quitté le pouvoir, ce qui laisse forcément de traces. Juliette devra donc s’entrainer encore pour prononcer correctement son nom, ce qui ne semble pas gagné.

Le palais est magnifique, comme on pouvait s’y attendre, avec temples, jardins et autres bâtiments richement décorés.

Ensuite, petit passage sur le site de Wat Phnom. Très beau temple situé au sommet d’une petite colline, qui semblerait être le point de départ de la ville.

Retour à l’hôtel en Tuk-tuk : malgré une banquette à 3 places, notre chauffeur affirme qu’il peut nous transporter tous les 4. Effectivement, il y avait une solution : Quentin va effectuer le voyage à côté du pilote, ce que l’on appelle chez nous la place du mort. Il s’en sort miraculeusement indemne.

Remis de ces émotions, nous inaugurons la piscine à la nuit tombante : nager avec vue directe sur la ville illuminée en dessous de nous constituera un grand souvenir, même si l’eau était un peu fraiche à notre goût. Avec l’âge, on devient difficile.

Ce soir, restaurant « Hot Pot » : rien à voir avec le sinistre Pol du même nom. Ici, la spécialité est une déclinaison de la fondue chinoise, avec un choix de plusieurs bouillons, viandes et légumes. Nous hésitons entre les œufs de poisson pourri, le crapaud, la cervelle de porc et les intestins de canard. Finalement, petits joueurs peut-être, nous choisissons un assortiment de viandes plus classiques avec un choix de 4 bouillons. Tout cela est excellent, arrosé de thé bien frais à volonté.

Les pâtes sont élaborées en direct sous nos yeux : le cuisinier prépare un rouleau de pâte sur un plateau, puis l’étire en une nouille géante qu’il manie comme un lasso entre les tables, un peu comme un pizzaïolo jongle avec sa boule de pâte. A la fin, le fil obtenu est redécoupé : quelle maîtrise !

Au cours du repas, les serveurs nous invitent avec insistance à rejoindre l’entrée du restaurant. Nous les suivons sans trop comprendre, un peu inquiets à l’idée d’être conviés à un karaoké impromptu, ou un concours de dégustation de larves grillées, influencés par les grands sourires des serveurs. Nous sommes les seuls adultes sélectionnés, aux côtés de quelques enfants locaux. Finalement, nous assistons à un spectacle encore en cours de rodage : l’artiste dispose d’une sorte de théière à très long col, avec laquelle il doit remplir à distance de petits récipients, le tout dans la position la plus acrobatique possible. Le malheureux doit encore peaufiner sa technique, car il manque un peu de précision. Pour paraphraser Coluche, « rien qu’avec ce qu’il renverse, on pourrait ouvrir un salon de thé ». Nous l’applaudissons néanmoins chaleureusement, ravis d’avoir échappé au pire.

C’est au retour que je prends conscience d’avoir bu quelques litres de thé, et qu’il faudra bien les éliminer, au prix de probables réveils nocturnes.

Mais finalement, tout se passera bien, et nous partons bien en forme pour Siem Reap le lendemain matin. Parfaite ponctualité, bus très confortable malgré quelques signes de vieillissement, c’est à nouveau le sans-faute pour les transports en commun routiers.

Transfert de la gare routière à l’hôtel en tuk-tuk dont le chauffeur se révèle très sympathique : nous le réservons pour les visites de temples.

Sortie ce soir dans le quartier très animé de Pub Street : succession de bars, restaurants, boutiques de souvenirs, sous une multitude de néons. Beaucoup de monde, en particulier des touristes. On comprend que les temples d’Angkor sont la destination phare du Cambodge.

Nous nous offrons un petit en-cas apéritif : grenouille en brochettes (pas seulement les cuisses, mais l’animal entier, belle bête qui plus est : environ 15 cm dépliée) et friture de cartilage de poulet.

Le repas sera ensuite plus classique, tout en restant bien typique. Retour à l’hôtel en traversant un marché couvert encore bien animé à cette heure, sur lequel nous trouvons de petits souvenirs à rapporter.

Les deux jours suivants sont consacrés aux visites des temples. Chacun présente ses particularités, et nous sommes très impressionnés par la variété des sites, même si l’aspect général semble proche au premier abord. Mentions spéciales à Angkor Vat, le plus grand et impressionnant, Ta Prohm envahi par la végétation, avec des arbres dont les racines semblent phagocyter les murs (et connu comme décor de Tomb Raider), et Bayon avec sa fameuse terrasse de éléphants, peut-être un des plus plaisants à parcourir.

Notre chauffeur de Tuk-tuk assure un service parfait, en patientant gentiment sur les parkings le temps de nos visites et en assurant notre approvisionnement en eau fraiche.

Entre ces deux journées de visites, nous avons assisté le soir à un spectacle de cirque acrobatique de très bon niveau, avec des intervenants pleins d’enthousiasme.

Pour notre dernier repas ensemble au Cambodge, nous ne nous refusons rien : apéritif, repas et boissons pour 3 à 4€ par personne ! Le resto n’est pas très typique et la clientèle est constituée à 100% de touristes, mais l’expérience est étonnante et la nourriture tout à fait correcte.

Le lendemain, séance de massages pour Juliette et sa maman, avant notre départ pour l’aéroport. La séparation, toujours émouvante, a lieu devant l’hôtel.

Notre chauffeur de Tuk-tuk nous avait proposé ses services, mais il est en pratique remplacé par son frère (?), qui s’acquitte parfaitement de la tâche avec une véritable voiture. L’aéroport est très calme et l’embarquement se fait en douceur.

Nous voilà repartis vers de nouvelles aventures au Viet-Nam, laissant Juliette et Quentin poursuivre leur périple en compagnie d’amis à eux

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