Sucre et le Sud de la Bolivie

Sucre et non pas Azúcar

Après ces mésaventures (mensonges permanents, vol, tentatives d’arnaque, nourriture peu fiable, et j’en passe …), nous avons décidé d’écourter notre séjour en Bolivie. Nous prenons donc le premier colectivo pour Sucre, capitale administrative du pays. La ville est réputée pour être l’une des plus belles d’Amérique du Sud. En effet, son centre colonial, bien que petit, est très charmant. Nous profitons une dernière fois des prix très attractifs de la Bolivie pour bruncher et même découvrir la cuisine bolivienne dans un restaurant gastronomique lors d’un menu dégustation 7 plats, accords mets et vins pour … 25€. Nous visitons les principaux lieux touristiques, ce qui nous permet d’en apprendre un peu plus sur la (très compliquée) histoire de Bolivie, et nous nous mettons en quête d’un nouveau téléphone. Quentin ayant déjà cassé le sien à Cusco, nous nous retrouvons un peu coincés. Malheureusement, le prix des produits importés est absolument délirant : 50€ le flacon de produit à lentilles (je pense que la pharmacie Cattin peut d’ailleurs revoir ses marges), donc on vous laisse imaginer le prix d’un téléphone, même très bas de gamme. C’est pas grave, on se débrouillera sans d’ici le Chili. Un peu dépités, c’en est fini pour la Bolivie en mode backpack, nous décidons de quitter la Bolivie en mode facile. Nous profitons du calme de Sucre et nous réservons une excursion dans le Sud, qui nous déposera à San Pedro de Atacama dans le Nord du Chili.

Le tant attendu Salar d'Uyuni

Après Sucre, c’est à Uyuni que nous nous rendons, d’où nous partirons pour notre excursion de 3 jours. Une fois n’est pas coutume, notre hôtel essaie de nous arnaquer sur le taux de change. Vous nous direz, une fois de plus ou de moins, nous ne sommes plus à ça près, hein ! Après négociations, nous finissons par trouver un arrangement, même si nous sommes toujours perdants (sinon, nous ne serions pas en Bolivie). Bref, il s’agit simplement de passer la nuit avant de partir dans le Salar. Le matin nous nous rendons à l’agence et découvrons donc 2 jeunes Françaises et un couple d’Anglais avec qui nous partagerons la voiture pour les 3 prochains jours. Nous sommes un peu tous timides, mais après un premier repas ensemble, l’ambiance est très bonne et nous nous lions tout de suite d’amitié. L’excursion commence par la visite du Cementerio de Trenes. Une trentaine de locomotives à vapeur des années 1930, autrefois utilisées pour transporter les minerais jusqu’au Chili, qui rouillent au milieu du désert. Ambiance Far West ou Mad Max, tout dépend de vos références. Nous visitons une première ville de sel, puis, place à l’immense étendue de sel : le Salar d’Uyuni que Juliette rêve de voir depuis ses cours de géographie au lycée. Environ 11 000 km² de sel éclatant, ça nous fait presque mal au cœur de marcher dessus. On trouve parfois des « ojos de sal », des trous où de l’eau soufrée et salée bulle. Nos guides nous font faire toutes sortes de photos plus ou moins ridicules en jouant avec la perspective. Quentin est évidemment au bout du rouleau, mais il faut reconnaître que le résultat est hilarant. Nous visitons ensuite l’île volcanique Incahuasi, une sorte d’oasis au milieu du désert, des roches et des cactus, perdus au milieu de cette étendue blanche. Après un très beau coucher de soleil dans ce désert blanc, nous arrivons à notre logement où Juliette a le plaisir de pouvoir lécher les murs et la tête de lit … faits en sel !

Le moins attendu, mais tout aussi magnifique Sud Lípez

Pour notre deuxième journée, le programme est chargé et pas mal de route nous attend dans des paysages plus incroyables les uns que les autres. Nous traversons le Salar de Chiguana avec vue sur le volcan Ollague qui fume en permanence. En continuant vers le sud, nous atteignons des lagunes dans lesquelles vivent des flamants roses. Le décor est toujours blanc, mais cette fois-ci cela est dû au borax présent dans l’eau et les sols et non plus au sel. Nous déjeunons dans un cadre incroyable : au bord d’une lagune au milieu des flamants roses. Puis nous arrivons au clou du spectacle : la Laguna Colorada. C’est un lac d’altitude qui prend des teintes rouges grâce à la présence d’une algue (celle qui donne aussi leur couleur aux flamants roses). Sur la lagune flottent comme des icebergs, qui sont en réalité du borax accumulé sur plus d’un mètre. Nous pensions avoir vu le plus impressionnant la veille avec le Salar, mais le Sud Lípez est tout aussi magnifique avec des paysages à couper le souffle.

Les encore moins attendus, mais impressionnants "geysers"

Réveil à 4h30 pour cette troisième et dernière journée afin de pouvoir voir des geysers au soleil levant. « Geysers », qui sont en réalité de simples fumerolles au son de cocotte-minute et à l’odeur d’œuf. On y voit des cuves de boue bouillonnante qui explosent à grosses bulles, spectacle impressionnant de bon matin. Il est possible de faire un plongeon dans des sources d’eau chaudes voisines, mais l’idée de se mettre en maillot de bain par -10°C nous refroidit (dans tous les sens du terme) et nous optons plutôt pour un café en attendant les peu nombreux courageux. Nous poursuivons notre route jusqu’au désert de Salvador Dali. Zone nommée ainsi puisque le paysage ressemble étrangement aux tableaux du peintre, alors même qu’il n’y a jamais mis les pieds. Nous finissons notre route au pied du volcan Licancabur où nous passons la frontière chilienne. C’est pour une fois assez long et compliqué, il faut remplir des documents en ligne, avec une connexion internet quasi inexistante et un téléphone encore plus lent qu’un Colombien au travail. Armés de patience (surtout Quentin, car celle de Juliette, tout comme la connexion internet locale, est quasi inexistante), nous finissons tant bien que mal à nous faire accepter et nous reprenons la route pour seulement quelques minutes afin d’atteindre notre première étape chilienne : San Pedro de Atacama.

Honnêtement, nous sommes un peu frustrés par notre expérience en Bolivie. C’est parmi les plus beaux paysages qui nous ont été donnés de voir tout au long de notre voyage. Malheureusement, la malhonnêteté permanente et l’ambiance pesante nous ont empêché de profiter pleinement. Nous avons préféré écourter notre séjour, ne nous sentant pas bien dans ce pays, même si cela signifie passer à côté de régions qui méritaient peut-être le détour.

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